Divaguer, critiquer, saluer, exprimer ce que je pense de ce que je rencontre, ce qui me touche et ce qui m’énerve.
Wandering, criticising, greeting, expressing what I think of what I encounter, what touches me, and what irritates me.
Oui, il y a des moments comme ça, des moments où on comprend que certains choix n’étaient pas les bons, que certaines difficultés auraient pu être évitées. Ces jours-ci, ces semaines-ci devrais-je même dire, sont de ceux-là.
Non, décidément non, mon boulot ici à DANTE n’est pas ce que j’attendais. La belle image du réseau européen de la recherche scientifique est bien trop peu concrète pour moi, ça scintille à l’extérieur mais c’est si terne au dedans. J’ai beau faire le point sur les différents projets auquels j’ai participé et les différentes tâches qui m’ont été assignées, depuis plus d’un an, mais je ne trouve rien qui m’ait impressionné, rien pour quoi je me sois dit wouaw, pas mal ça !.
La vie à Cambridge n’est pas non plus celle que nous envisagions. Les rencontres sont difficiles, l’intégration lente. Rien ne nous accroche ici, après plus d’une demi année ici à deux, nous avons du mal à nous installer, tel un arbre dans une terre qui ne lui convient pas. Nos racines sont ailleurs, de l’autre côté de la Manche, ou de l’autre côté de l’océan.
Si à cela vous ajoutez la crise financière mondiale, qui est plus présente encore ici, au Royaume Uni, qu’ailleurs en Europe (nos économies ici ont perdu presque 25% de leur valeur, converties en euros), la chèreté de la vie à Cambridge (prix de l’immobilier quasi comparable à celui de Londres), la morosité du climat anglais (ok, pas vraiment pire que le belge), ça commence à faire beaucoup. Ah, au moins ici on ne parle pas de couper le pays en 2, c’est déjà ça !
Mais même si on aurait pu éviter ces difficultés, ce n’est pas non plus très grave de ne pas l’avoir fait, la vie est une suite d’expériences, un chemin sur lequel chacun de nous avance. Si nous n’étions pas venu ici en Angleterre, nous l’aurions sans doute regretté également. Donc, même si les illusions sont parties, elles ne laissent pas non plus la place aux regrets. Voyons plutôt cet espace vide comme étant propice à faire naître de nouveaux rêves...
Sans oublier qu’il nous est arrivé ici le plus beau bonheur que nous pouvions avoir...