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<   mercredi 3 juin 2009   >

Oui, le marché des noms de domaine est bien passé à la vitesse industrielle. Avec la libéralisation de plusieurs noms racines (Top Level Domains ou TLD) et la création de nouveaux TLD pour des usages spécifiques (.mobi, .tel, .mp, etcetera [1]), les pratiques de ventes audacieuses ne vont qu’en augmentant.

Pour mieux comprendre tout cela, il peut être utile de faire un récapitulatif des acteurs en jeu. Wendy, de Gandi, le fait très bien dans son article sur l’industrie des noms de domaine (c’est en anglais, mais allez y voir le schéma). Pour résumé, on a, en hiérarchie de haut en bas :

  • ICANN : l’instance internationale gouvernant le système mondial des noms de domaines, délégant la gestion d’un TLD aux
  • Registry : les instances gouvernant un TLD spécifique, que ce TLD soit national (.be, .uk, .sn) ou générique (.com, .net, .biz, .mobi), qui vendent les domaines via les
  • Registrars : les sociétés commerciales qui vendent effectivement les domaines d’un ou plusieurs TLD à leurs clients, les acheteurs comme vous et moi, ou les
  • Revendeurs : des intermédiaires qui achètent les noms de domaine au nom de leur client pour leur simplifier la vie et qui donc revendent les domaines achétés aux
  • acheteurs finaux : vous et moi ou tout autre entité voulant acquérir un domaine.

On savait qu’il existait le cybersquattage, pratiqué depuis plusieurs années déjà. Cette pratique est même devenue monnaie courante chez certains registrars spéculateurs qui achètent à tour de bras d’anciens domaines tombés en désuétude ou qu’un propriétaire a oublié de renouveller. Cela dans le but de revendre le domaine en question à haut prix, généralement grâce à des systèmes d’enchères. C’est le cas pour GoDaddy, eNom, Network Solutions et Register.com. Ces pratiques sont assez audacieuses, pour dire le moins, et plutôt contradictoire aux nombreux prix qu’ont reçu certaines de ces sociétés

Mais cela va maintenant plus loin. Certaines sociétés, et non des moindres, vont même jusqu’à enregistrer, ou pré-enregistrer, les domaines que leurs clients potentiels ne font que vérifier la disponibilité. Si vous avez la malchance d’utiliser un service d’un tel fournisseur, et que vous voulez vérifier la disponibilité d’un domaine dans le but d’éventuellement l’acquérir quelques heures ou quelques jours plus tard, sachez que ce domaine va d’abord être abusivement enregistré au nom de ce fournisseur. Celui-ci s’arrogeant ainsi l’exclusivité de la vente au nez et la barbe d’autres registrars mais aussi vous piégeant dans son escarcelle, même si, généralement, ils ne cherchent pas à faire une plus value directe sur cette vente.

Cette pratique est courante chez un des leaders du domaine [2] qu’est Network Solutions, même s’ils s’en défendent. On lui a même donné un nom : le domain name front running. Cette pratique est notamment rendue possible grâce au système mis en place par l’ICANN qui permet à un registrar de renoncer à l’achat d’un domaine jusqu’à 5 jours après l’avoir acquis, sans frais à sa charge.

C’est aussi cette période de grâce de 5 jours qui permet à d’autres registrars ou revendeurs, de tester la marketabilité d’un domaine, pratique appelée par le nom salivant de domain tasting. Durant ces 5 jours, la société en question évalue le potentiel du domaine à générer des revenus publicitaires. Si ce potentiel est haut, le domaine est effectivement gardé, s’il est bas, il est retourné au registry, sans coût.

Ces différentes pratiques de ventes pour le moins douteuses sont maintenant pratiquées à une telle envergure qu’elles commencent à polluer le web. Vous vous en êtes sans doute rendu compte en atterrissant par erreur sur un site uniquement rempli de publicités ayant pourtant l’apparence d’un moteur de recherche. GoDaddy déclare ainsi que moins de 10% des domaines demandés à l’enregistrement chez eux sont effectivement gardés par l’acheteur au terme de la période de 5 jours... assez effarant !

Alors, la prochaine fois que vous voulez acheter un nom de domaine, ne vous laissez pas avoir par les pratiques douteuses de certains, même si cela vous coûte un rien plus cher, préférez les services d’un registrar ayant une certaine éthique. Je vous recommande chaudement Gandi chez qui j’enregistre tous mes domaines. Et c’est aussi l’intermédiaire préféré de Cassiopea.

Et d’ailleurs, merci à Joe de Gandi, et son article How the domain name industry works - polluting the name space qui m’a grandement servi d’inspiration à l’écriture de cette brève.

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[1Que j’écris en toutes lettres pour que vous ne pensiez pas que .etc est une nouvelle extension de domaine, mmm, peut-être à soumettre à l’ICANN ?

[2C’est le cas de le dire...


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